Société holding en Belgique : guide RDT 2026
Exonération RDT 100% des dividendes : conditions, réforme 2026 (immobilisations financières, DBI-BEVEK 5%), plus-values et exemple de structure chiffré.
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Q: Comment fonctionne la société holding belge sous le régime RDT ?
Une holding belge peut déduire 100% des dividendes reçus de ses filiales (régime RDT) et exonérer ses plus-values sur actions, à trois conditions : participation de 10% ou d'une valeur d'acquisition de 2,5 millions €, détention d'un an en pleine propriété, et filiale normalement imposée. Depuis l'exercice d'imposition 2026, la voie « 2,5 millions € » exige en outre que la participation soit comptabilisée en immobilisation financière.
Qu'est-ce que le régime RDT ?
Le régime des Revenus Définitivement Taxés (RDT, en néerlandais DBI) est le cœur de l'attractivité de la Belgique pour les structures de groupe. Son principe : les bénéfices d'une filiale ont déjà été imposés dans son chef ; lorsqu'ils remontent vers la société mère sous forme de dividendes, ils ne doivent pas être imposés une seconde fois. La société belge qui reçoit le dividende le déduit donc à 100% de sa base imposable.
Combiné à l'exonération des plus-values sur actions et à un réseau de plus de 95 conventions fiscales, ce régime fait de la Belgique une juridiction compétitive pour les holdings — comparable aux régimes néerlandais ou luxembourgeois, avec ses règles propres.
Quelles conditions pour l'exonération des dividendes ?
Trois conditions cumulatives ouvrent le droit à la déduction RDT :
- Condition de participation : détenir au moins 10% du capital de la filiale OU une participation d'une valeur d'acquisition d'au moins 2,5 millions €. Depuis l'exercice d'imposition 2026, cette seconde voie exige que la participation soit comptabilisée en immobilisation financière (voir la réforme ci-dessous).
- Condition de permanence : détention en pleine propriété pendant au moins 1 an (ou engagement de détention).
- Condition de taxation : la filiale doit être soumise à un impôt sur les sociétés normal — les filiales établies dans des régimes notablement plus avantageux sont exclues.
| Comparaison | Voie « 10% » Recommandé | Voie « 2,5 millions € » |
|---|---|---|
| Seuil | ≥ 10% du capital de la filiale | Valeur d'acquisition ≥ 2,5M€ (même < 10%) |
| Depuis l'EI 2026 | Inchangée | Participation à comptabiliser en immobilisation financière |
| Profil type | Groupes, holdings familiales, PME | Investisseurs minoritaires dans de grandes structures |
| Détention | 1 an en pleine propriété | 1 an en pleine propriété |
| Condition de taxation de la filiale | Oui | Oui |
Réforme RDT 2026 : ce qui change concrètement
Section revue le 25 juillet 2026.
Trois mesures entrées en vigueur en 2026 modifient la donne pour les holdings belges et leurs actionnaires :
- Condition d'immobilisation financière (EI 2026) : l'accès au RDT par la voie de la valeur d'acquisition de 2,5 millions € est désormais réservé aux participations comptabilisées en immobilisations financières. Les titres inscrits en placements de trésorerie ne qualifient plus par cette voie — un point de vigilance comptable immédiat pour les participations minoritaires importantes.
- Taxe de 5% sur les DBI-BEVEK (1er janvier 2026) : les SICAV RDT, souvent utilisées pour la gestion de trésorerie des sociétés, sont désormais soumises à une taxe de 5%. Le rendement net de ces véhicules doit être réévalué.
- Taxe de 10% sur les plus-values des particuliers (1er janvier 2026) : les plus-values réalisées par les personnes physiques sur leurs actifs financiers — y compris les actions d'une holding — sont désormais visées par une taxe de 10%. Ce changement pèse directement sur la planification de sortie (cession de la holding par son actionnaire).
Ces mesures s'ajoutent au cadre existant sans le renverser : l'exonération de 100% des dividendes et des plus-values au niveau de la société demeure, mais le traitement comptable des participations et la fiscalité personnelle de l'actionnaire demandent une revue. Sources : SPF Finances et textes publiés au Moniteur belge.
Les plus-values sur actions sont-elles exonérées ?
Oui — les plus-values réalisées par une société belge sur des participations sont totalement exonérées lorsque les mêmes conditions RDT sont remplies (participation, permanence, taxation). C'est ce qui rend la Belgique attractive pour les opérations de M&A et les structures d'investissement : la holding peut céder une filiale sans frottement fiscal au niveau de la société.
La nuance introduite en 2026 se situe au niveau de l'actionnaire personne physique : la taxe de 10% sur les plus-values d'actifs financiers s'applique lorsque c'est le particulier qui cède ses actions. La localisation de la plus-value — société ou actionnaire — devient donc un paramètre central de toute structuration.
Comment structurer une holding belge ? Exemple chiffré
Illustration simplifiée du fonctionnement du régime, à conditions RDT remplies :
- Une société opérationnelle belge réalise un bénéfice et distribue un dividende de 100.000 € à sa holding (participation de 100%, détenue depuis plus d'un an).
- La holding inclut le dividende dans son résultat, puis applique la déduction RDT de 100.000 € : le dividende ne subit pas d'impôt des sociétés supplémentaire dans son chef.
- Aucun précompte mobilier n'est dû entre sociétés belges liées dans cette configuration mère-fille.
- Si la holding revend ultérieurement sa participation avec une plus-value, celle-ci est exonérée aux mêmes conditions.
Ce mécanisme permet de centraliser les résultats de plusieurs filiales, de réinvestir sans frottement fiscal et de préparer une transmission. En revanche, dès que les fonds quittent la sphère sociétaire vers l'actionnaire personne physique (dividende final ou cession), la fiscalité personnelle s'applique : précompte mobilier de 30% (réduit à 15% sous conditions VVPR-bis pour les PME) et, depuis 2026, la taxe de 10% sur les plus-values des particuliers.
Point de méthode : une structure holding se dimensionne sur l'ensemble du cycle — entrée, distributions, sortie — et non sur le seul avantage RDT. L'exemple ci-dessus est une illustration pédagogique, pas un conseil : faites modéliser votre situation par un avocat fiscaliste.
Quelle forme juridique pour la holding ?
La SRL est la forme la plus courante : pas de capital minimum légal (mais des capitaux propres « suffisants » au sens de l'art. 5:3 CSA), souplesse statutaire, gouvernance légère. La SA (capital de 61.500 € entièrement libéré, art. 7:11 CSA) reste indiquée pour les structures importantes ou destinées à accueillir des investisseurs. Le régime RDT s'applique identiquement aux deux formes.
Les étapes de constitution sont détaillées dans notre guide Créer une SRL en Belgique ; pour l'environnement fiscal complet (taux ISOC, TVA, droits régionaux), voyez Fiscalité des sociétés en Belgique.
Retenues à la source et conventions fiscales
- Précompte mobilier standard : 30% sur les dividendes versés.
- Directive mère-fille UE : exonération totale de retenue à la source sur les dividendes versés à une société mère de l'UE (participation ≥ 10%, détention d'un an).
- Conventions fiscales : plus de 95 traités réduisant les retenues à la source sur dividendes, intérêts et redevances (typiquement 5 à 15%).
- VVPR-bis : précompte réduit à 15% pour les PME, sous conditions.
Pour l'accompagnement d'un avocat sur votre structure, voyez notre page Société holding en Belgique.
Sources officielles
Références : SPF Finances (impôt des sociétés, précompte mobilier), Moniteur belge / Justel (textes légaux) et notaire.be (constitution). Informations vérifiées à la date en tête de page ; la législation évolue — confirmez avec un professionnel avant toute décision.
Questions Fréquentes
Le régime RDT (Revenus Définitivement Taxés) permet à une société belge de déduire 100% des dividendes reçus de ses filiales, à trois conditions : une participation d'au moins 10% du capital OU d'une valeur d'acquisition d'au moins 2,5 millions €, une détention en pleine propriété pendant au moins 1 an, et une filiale soumise à un impôt sur les sociétés normal.
À partir de l'exercice d'imposition 2026, la voie d'accès au RDT par la valeur d'acquisition de 2,5 millions € est réservée aux participations comptabilisées en immobilisations financières. Par ailleurs, depuis le 1er janvier 2026, une taxe de 5% s'applique aux DBI-BEVEK (SICAV RDT) et une taxe de 10% vise les plus-values réalisées par les particuliers sur leurs actifs financiers.
Oui, les plus-values réalisées par une société belge sur des participations sont exonérées si les conditions RDT sont remplies (participation de 10% ou 2,5M€, détention d'un an, filiale normalement imposée). Attention au niveau de l'actionnaire personne physique : depuis le 1er janvier 2026, une taxe de 10% s'applique aux plus-values des particuliers sur leurs actifs financiers.
La SRL est souvent privilégiée : pas de capital minimum légal (mais des capitaux propres suffisants au sens de l'art. 5:3 CSA), grande souplesse statutaire. La SA (capital de 61.500 € entièrement libéré, art. 7:11 CSA) convient aux structures plus importantes ou en vue d'une levée de fonds. Les deux formes bénéficient du même régime RDT.
Le précompte mobilier standard est de 30%. Les dividendes versés à une société mère de l'UE détenant au moins 10% depuis un an sont exonérés (directive mère-fille), et les conventions fiscales — la Belgique en compte plus de 95 — réduisent souvent le taux (typiquement 5 à 15%). Pour les PME, le régime VVPR-bis peut ramener le précompte à 15% sous conditions.
Oui. Pour bénéficier des conventions fiscales et résister aux règles anti-abus, la holding doit démontrer une substance économique réelle : direction effective en Belgique, prise de décision locale et moyens adaptés à son activité. Une holding « boîte aux lettres » s'expose au refus des avantages fiscaux.
Prêt à passer à l'action ?
Ce guide est un point de départ informatif. Pour un conseil juridique adapté à votre situation, nous pouvons vous mettre en relation avec un avocat indépendant inscrit à un barreau belge.